Ce ne sont plus les mêmes chansons de mes vacances qui passent maintenant en boucle dans ma chambre. Le rythme n'est pas le même, les notes sont beaucoup plus nostalgiques. Elles se répercutent sur les murs, bondissant de temps à autre sur ma peau. Elles ont perdu de leur couleur et de leur beauté. Tout me semble gris. Gris nuage ou gris ciel, au final, ça revient un peu au même.
La fatigue est maîtresse de mon corps en ces jours. Exténuée, je m'endors sur mes oreillers, un livre de philosophie ou du Vian sur la poitrine, un rayon de soleil sur la joue. Je pourrais le chasser d'un geste avant de sombrer avec Morphée mais c'est un réconfort. Un rayon de réconfort étincelant et chaleureux qui m'apporte un peu de couleurs dans mes heures de doute. Car les cours passent, les heures défilent et une foule de questions traverse ma tête pour faire incliner mon cerveau. La philosophie n'arrange rien à mon état mental déjà bancal. Mais j'aime ça. Il y a, les réponses à nos questions en chacun de nous, dans la boite secrète cachée au fond de notre esprit. J'aimerais l'ouvrir mais j'ai peur, tellement peur, de savoir la vérité. De confirmer mes doutes. Alors, pour le moment, laissons-la où elle est.
Beaucoup de choses me manquent. Il me paraît bien loin le temps où je me baladais dans mes montagnes, aspirant l'odeur pure et enivrante, quand je me réveillais le matin et de tes conneries tu égayais ma journée. Maintenant, emprisonné dans ce lycée d'une laideur aveuglante, j'inspire des parfums différents mais pas tout aussi agréables, l'un associé à un souvenir lointain, l'autre à une envie.
Une envie, belle et atroce. Une seule envie me prenait au corps : la fuite. Qui ne mène à rien. Jamais. Cependant, j'aimerais que les regards se changent en mots souriants, en frôlements ou en baisers langoureux. J'aimerais les comprendre et savoir ce qu'il faut faire pour leur arracher un sourire sans avoir cette impression de froid permanent.
Vivons. Ou tirons un trait.
Point.